La Suisse, terre d’exil, en lien avec le Grand Format de la RTS

Mon discours du 1er Août à Boudry insistait sur l’interculturalité globale qui est l’ADN de la Suisse. La question est d’actualité puisque la RTS a proposé récemment quatre récits d’exil que je partage dans ce bref article.

En effet, un ancien vice-ministre afghan, la fille d’un président iranien, un ancien chef de de parti colombien et un vieux combattant érythréen, sont devenus kiosquier, restaurateur de ferme ou vendeur en supermarché. Sur le site de la RTS  ces personnes poussées à l’exil racontent, dans des témoignages émouvants, « leur parcours hors du commun dans leur pays d’origine, puis leur renaissance en terres neuchâteloises. »

Je le disais le 1er Août comme « segunda », « je ne suis pas devenue Suisse le jour ou la Confédération  m’a octroyé le passeport à croix blanche, je suis devenue Suisse le jour où j’ai compris que l’histoire de notre pays ressemble à celle de tout segundo ou segunda : elle est complexe, pas forcément linéaire et s’épanouit par la richesse que lui apportent les diverses cultures qui la composent. »

La force de notre canton, qui doit être un modèle pour la Suisse, c’est sa capacité d’ouverture au monde et d’intégration des autres. Depuis cinquante ans,  mes camarades socialistes André Sandoz, Heidi Deneys, Francis Matthey, Gisèle Ory et Didier Berberat ont, dans leurs mandats fédéraux, consacré beaucoup d’énergie à s’engager pour ces causes. Si je suis élue au Conseil des États, je continuerai sur cette voie, avec je l’espère d’autres collègues « segundas », Ada Marra par exemple.

« C’est Neuchâtel et la Suisse qui m’ont donné des opportunités pour m’épanouir, et ça je ne l’oublie pas », dit l’un des intervenants.  « J’ai vraiment ressuscité ici en Suisse », dit un autre.  « Je ne vois pas de différence entre moi et les autres Suisses, mis à part la couleur de peau peut-être. Pour moi, le peuple suisse est un grand peuple. Il faut lui rendre ça. », affirme un troisième.

Ce qu’il est fondamental de rappeler, c’est que notre canton, notre pays, est enrichi par l’apport de personnes aux origines diverses, qui pour différentes raisons ont été amenées à construire leur vie ici.  Parmi elles Assamoi Rose Lièvre Badou, fondatrice de l’association Cœur d’Afrique et lauréate du prix Salut l’étranger 2017. Une femme qui n’est pas seulement un exemple d’intégration mais aussi et surtout un exemple d’engagement pour la collectivité dans son ensemble, notamment par ses mandats au Conseil général de La Chaux-de-Fonds et au Grand Conseil neuchâtelois. Elle fait partie de ces personnes qui créent des ponts entre les cultures et ouvrent la voie à une société ouverte, solidaire et multiculturelle.

Rose et Silvia le 19 août après la séance de préparation du Conseil général du 26 aoîut

Pour moi comme pour le parti socialiste, il est fondamental de rappeler que notre pays s’est construit et continuera à se construire sur la base de ces apports multiples. Une affirmation importante à mon sens au moment où d’aucuns assènent les mêmes rengaines fondées sur l’exclusion de l’autre en oubliant que l’autre…c’est nous !

Indécente récupération de la violence faite aux femmes par l’UDC

Que l’UDC reste bloquée de manière monomaniaque sur ce qui constitue son fonds de commerce depuis 20 ans, on s’y attendait.

Qu’elle tente à nouveau d’instiller un climat d’insécurité en brandissant et manipulant des chiffres sur la population étrangère, c’était prévisible. 

Qu’elle développe, dans la fébrilité, une communication nerveuse car elle sait qu’elle est faible sur les préoccupations climatiques de la population suisse notamment, ce n’est pas étonnant.

Mais… tenter d’instrumentaliser le drame des violences faites aux femmes pour vendre ses thèses de repli et de rejet des étrangers est indécent et ignoble. A nouveau, ce parti développe un discours populiste, stigmatisant et simpliste qui laisserait penser que la violence faite aux femmes est un problème uniquement lié aux origines et non pas un drame sociétal qu’il faut traiter. Cela démontre, paradoxalement, le peu de considération que ces élus ont pour ce thème. 

Quand est-ce que l’UDC s’est intéressée à cette thématique ? Quand est-ce qu’elle a soutenu les interventions parlementaires visant à combattre la violence faite aux femmes ? Pour ma part, je retiens surtout le blocage opéré par les parlementaires de ce parti sur toutes les propositions émises et les tentatives récurrentes de réduire le budget, voire de fermer, tant le bureau de l’égalité fédéral que les bureaux cantonaux qui précisément sont aussi actifs sur ces questions. 

Par ailleurs, je n’entrerai même pas ici sur terrain du nouveau vocabulaire choisi : des « non intégrés…  » peut-être pour tenter de rallier les votes de personnes d’origine étrangère ? Quand on pense que pour l’UDC intégration veut dire peu ou prou nier ses origines… ou partir…c’est piquant !

Notre journée neuchâteloise à la Fête des Vignerons

Mon mari et moi avons été fiers et heureux d’avoir participé à la journée neuchâteloise de la Fête des Vignerons le samedi 10 août, à laquelle nous avons eu l’occasion de nous rendre à titre strictement privé. J’ai eu un immense plaisir d’avoir vécu de l’intérieur cette célèbre fête populaire inscrite au Patrimoine immatériel de l’Unesco. En filigrane, j’ai aussi pu faire le lien avec les enjeux nationaux et cantonaux mis en exergue dans une campagne pour les fédérales qui a réellement démarré depuis quelques jours.

La journée neuchâteloise de la Fête des Vignerons a mis en lumière et permis de présenter les qualités de notre canton à un public venu de toute la Suisse, voire bien au-delà.

Un canton dans lequel ses habitants font le lien entre innovation et tradition, entre tradition et multiculturalité, entre multiculturalité et produits du terroir de qualité.

Ce profil s’est retrouvé au long de la journée par des démonstrations, notamment, du savoir-faire horloger et robotique dans le stand de l’innovation tenu par le canton, mais aussi dans les stands qui ont mis en valeur nos traditions culinaires, viticoles (évidemment) sans oublier notre fée verte mythique et enviée.

L’affiche culturelle de la journée, alliant notamment chanson française, musiques du monde, street-art et rock s’ancre aussi dans la diversité de notre ADN neuchâtelois.

Cette magnifique journée m’a confirmé que fêter nos traditions peut aussi être un vecteur de cohésion, pour autant qu’on sache inscrire ces célébrations de manière moderne et inclusive en tenant compte de toutes les composantes de ce qui fait notre société. Le canton de Neuchâtel y est bien parvenu et cela mérite d’être salué.

Un ADN dans lequel je me reconnais et que je souhaite défendre à Berne, comme l’ont fait Jacques-André Maire et Didier Berberat, aussi pour ce qu’il peut apporter au reste de la Suisse.

Ce 10 août s’est évidemment achevé avec le spectacle dont, au-delà des polémiques liées aux coûts, je retiens avant tout la poésie, la féerie et l’engagement important de milliers de personnes de tout âge pour faire vivre l’évènement. Je ne publierai ici aucune photo, comme il a été demandé aux visiteurs, pour respecter les droits d’auteur des concepteurs.

Cette journée a aussi été l’occasion de belles rencontres : le boucher Bernard Perroud avec Yann Kunzi, directeur de Neuchâtel vins et terroir; Manuel Pianzola, de la maison chaux-de-fonnière Le Garde Temps (avec son Watch Selector qui permet de réaliser en direct une montre selon le désir du client); et Didier Berberat, actuel Conseiller aux États, dont j’ai été l’assistante parlementaire de 2008 à 2010 et à qui j’espère succéder en octobre.

Mon discours du 1er-Août à Boudry

Jeudi soir, j’ai eu l’honneur d’être invitée par le Conseil communal de Boudry pour prononcer l’allocution du 1er août. Dans le Jardin de Voujeaucourt, je me suis exprimée sur le regard que je porte sur l’identité suisse. Voici mon discours.

Monsieur le Président du Conseil communal, Madame la Conseillère communale, Mesdames et messieurs les représentants des autorités communales et cantonales, Mesdames et Messieurs les membres de la société de développement de Boudry, Mesdames, Messieurs,

En ce 728ème anniversaire du pacte fédéral, le Conseil communal de Boudry m’a fait l’honneur de m’inviter à venir vous adresser ces quelques mots.

Je peux bien admettre, maintenant que je me trouve devant vous, qu’au-delà du fait que je me réjouissais de partager ce moment festif avec vous toutes et tous, je me suis intensément demandée, en rédigeant cette allocution, quel type de message  je pourrai bien  vous apporter  ; moi la montagnonne en pays littoral ; moi la socialiste en pays libéral-radical ; moi la « segunda » en ce jour de fête nationale.

Croyez-moi ou non, mais c’est précisément dans l’énoncé de ma question que j’ai trouvé la réponse.

En effet, la fête du 1er août ne constitue pas, à mon sens, simplement la commémoration du plus ancien pacte d’entraide unissant les forces de ce que deviendront les trois cantons de la suisse primitive.

La fête du 1er août c’est aussi, et surtout, l’occasion de se demander ce qu’est la Suisse. Une question qui peut paraître étrange dans tout autre pays qui précisément n’a pas les caractéristiques de notre Confédération helvétique, puisqu’une fête nationale c’est une fête à la gloire de la nation. Mais peut-on parler de nation lorsqu’on évoque la Suisse ? Et surtout est-ce intéressant de le faire ?

Je préfère quant à moi reprendre cette question que je vous ai laissé sans réponse : qu’est-ce que la Suisse ? Ou plutôt, qu’est-ce qui a fondé la Suisse et en a fait ce qu’elle est aujourd’hui en 2019.

Assurément, notre pays a bien évolué de la conception qu’en avaient  Stauffacher, Fürst et de Melchtal. Des fondateurs qui unirent leur force par une motivation sécuritaire parfaitement ancrée dans son époque du 13e siècle mais soyons clairs, parfaitement obsolète aujourd’hui.

Heureusement qu’ils eurent cette idée, sinon nous n’aurions rien à fêter ce soir, mais les fondements de l’Helvétie du 21e siècle sont assurément à chercher ailleurs, dans l’évolution et le développement qu’a connu notre pays et qui en ont fait, au fil des ans, au fil des siècles un merveilleux mélange teinté d’une complexité déroutante et essentielle à la fois.

Car oui, chères concitoyennes et chers concitoyens, qu’est donc la Suisse si ce n’est un grand patchwork paradoxal et cohérent à la fois, un patchwork de cantons, de cultures, de traditions, de paysages, de langues et d’origines. Un patchwork d’une variété immense qui allie à la fois des savoirs faires séculaires, que ce soit dans nos alpages ou dans nos artisanats devenus industries, et une concentration d’innovations technologiques comme peu de territoires de 41’000m2 en connaissent. Un patchwork complexe, qui éveille souvent la curiosité de celles et ceux qui, dans les pays qui nous entourent, tentent de percer le mystère de ce pays dont même la dénomination, confédération, ne reflète pas le système politique.

Un système politique, précisément, qui, vu de l’extérieur, peut paraître iconoclaste alors qu’en réalité il est, à mon sens, précisément à la base de l’équilibre de ce pays, tant sur le plan des trois niveaux institutionnels, que de la cohabitation de tendances politiques diverses, ou encore simplement d’une démocratie directe que d’autres nous envient.

Cette dernière produit parfois des résultats inattendus mais nous force, nous politiques, à rester à l’écoute et à se souvenir qu’en Suisse une majorité n’est que relative : elle l’est dans le temps, selon le niveau institutionnel et finalement aussi sur chaque objet qui est soumis au vote populaire.

Cet échafaudage complexe constitue la colonne vertébrale de la Suisse moderne. Une Suisse dont les principales caractéristiques sont donc à mon sens tant dans son système politique, ses paysages, son multiculturalisme et biensûr ses traditions. Parmi elles, des piliers, celles de l’entraide et de l’ouverture. Oui la Suisse est et doit demeurer ouverte, elle se doit d’être ouverte à l’autre, elle se doit d’être terre d’accueil pour celles et ceux qui fuient oppression et misère, la commune de Boudry et ses habitants en savent quelque chose.

La Suisse se doit aussi de demeurer ouverte dans ses relations aux autres et, parmi ces autres, notre partenaire naturel qu’est l’Union européenne, une union à laquelle notre destin est forcément lié.

Être suisse dans son âme, c’est comprendre ces différentes facettes de notre identité.

Je l’ai dit au début de mon allocution, je suis segunda…je suis donc née étrangère dans un pays qui m’a adopté …et que j’ai choisi d’adopter. Comme tout enfant d’origine étrangère vient un moment où surviennent des questions identitaires.

Je ne suis pas devenue Suisse le jour ou la Confédération  m’a octroyé le passeport à croix blanche, je suis devenue Suisse le jour où j’ai compris que l’histoire de notre pays ressemble à celle de tout segundo ou segunda : elle est complexe, pas forcément linéaire et s’épanouit par la richesse que lui apportent les diverses cultures qui la composent.

Bien sûr, cette histoire-là ne convient pas à tout le monde car elle va à l’inverse d’un discours de repli identitaire. Mais l’ADN de la Suisse c’est bien celui de l’interculturalité globale.

Un ADN que l’on retrouve forcément en portion concentrée dans notre canton. Un canton lui aussi complexe et en recherche d’équilibres au pluriel. Mais un canton qui doit être uni, solidaire, conscient de sa valeur et des richesses de toutes ses régions, Montagnes, littoral et vallées, dans la perspective d’un espace commun, dynamique et attractif.

Le 1er août c’est donc pour moi ce moment magique, ou des segundos naturalisés, côtoyant des habitants d’origines et nationalités diverses mangent aux côtés des helvètes de souche, une délicieuse soupe au pois en plein été avant d’admirer ensemble les traditionnels feux.

Une assemblée mixte, dans ses croyances et ses idées politiques, mais fêtant ensemble la Suisse de l’ouverture et de l’humanisme.

Je ne serai donc pas plus longue car vient maintenant le temps de festoyer.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite évidemment de passer une excellente soirée de fête nationale.

Le PS s’oppose à ce que le peuple n’élise plus directement le Conseil communal

Alors que le groupe socialiste proposait une alternative simple qui visait à corriger les défauts du système d’élection du Conseil communal de La Chaux-de-Fonds en imposant une élection par le peuple en cas de départ d’un-e de ses membres pour éviter les épisodes scabreux des dernières législatures, la majorité du Conseil général, menée par l’alliance POP-PLR, s’est entêtée à modifier le règlement général pour supprimer l’élection du Conseil communal par le peuple !

Le peuple tranchera le 24 novermbre, mais nous sommes déterminé-e-s : les partis doivent assumer leurs responsabilités. Le peuple n’est pas fautif et il n’y a aucune raison valable de lui supprimer le droit d’élection de l’exécutif de La Chaux-de-Fonds !

 

Voici notre amendement pour corriger les défauts actuels:

« En cas de vacance de siège pendant la période de législature, il est procédé à une élection complémentaire dans un délai de six mois selon le système à la proportionnelle. »

Et mon intervention sur ce sujet au Conseil général de La Chaux-de-Fonds le 2 juillet 2019 :

« Notre amendement vise donc à supprimer le problème en cas de vacance au Conseil communal tout en préservant les compétences du peuple.

La révision complète du règlement général de notre Ville nous donne donc l’opportunité de nous pencher et débattre, une nouvelle fois, sur le mode d’élection du Conseil communal.

Soyons clairs, car il est important de l’affirmer d’emblée : il n’existe pas de mode électoral parfait. Certes, chaque méthode comporte ses avantages et ses inconvénients, j’y reviendrai. Le choix dépend quant à lui de l’importance ou la pondération que l’on donne à chacun de ces avantages ou inconvénients.

Une chose est également certaine, aucun système, je dis bien aucun, ne nous garantira jamais que les cinq personnes élues à l’exécutif sont totalement capables d’assumer leur rôle tant en termes de compétences que de faculté de résistance.

Cela étant dit, c’est donc avec ces constats en main qu’il appartient aujourd’hui à notre autorité de faire un choix.

Ce n’est ni un scoop, ni une révélation si je vous dis que le groupe Socialiste, et le parti socialiste chaux-de-fonnier avec lui, se questionne depuis de nombreuses années sur l’efficacité du système électoral mis en place.

Ainsi, si le système d’élection à la proportionnelle semblait être, en 2003, celui qui était le plus à même d’assurer une cohérence entre la composition du législatif et celle de l’exécutif, il s’est rapidement avéré que ce mode comportait des failles non négligeables.

Des failles qui ne sont pas restées théoriques puisqu’elles ont eu des conséquences concrètes sur la composition de notre exécutif et vraisemblablement aussi sur la direction qu’a pris notre Ville durant cette première partie du XXIe siècle.

Mais quelles sont ces failles ?

La première tient à la composition même de la liste : l’élection se faisant sur le mode proportionnel, la réalité mathématique impose que plus un parti présentera de candidates et candidats, plus il aura un nombre de suffrages élevés.

Sur la liste au Conseil communal, cela implique de trouver cinq candidatures qui théoriquement doivent être :

  1. disposées à prendre le mandat en cas d’élection (et l’Histoire nous a démontré que ce n’est pas une évidence) ;
  2. bénéficiant d’une connaissance suffisante des institutions pour ne pas devenir l’auteur de blocages (et l’Histoire nous a démontré que ce n’est pas une évidence) ;
  3. capables d’assumer la fonction tant en termes de compétences et de résistance (et l’Histoire nous a démontré que ce n’est pas une évidence…).

Tous les partis représentés ici le savent, trouver cinq profils qui, à un temps T, correspondant à ces trois critères au moins n’est pas simple. Mais l’enjeu est tel que tout le monde, ou presque, se prête au jeu et remplit les listes électorales avec une ou deux têtes d’affiche et des membres qui sont d’accord de se rendre disponibles le temps d’une campagne, mais pas forcément disposés à reprendre un poste à l’exécutif communal si l’élection se concrétise.

Ce défaut du système électoral pourrait peu porter à conséquence, s’il n’était pas accompagné d’une autre faille qui, à notre sens, est bien plus problématique : le système de remplacement en cas de vacance.

C’est arrivant à ce constat, et à défaut d’un autre système d’élection par le peuple possible, que le groupe socialiste avait décidé de creuser l’autre alternative à savoir le système de vote à la majoritaire. Ce débat sur la majoritaire, nous l’avons eu au sein de la commission temporaire du Conseil général qui a rendu son rapport en novembre 2011 et qui, soit dit en passant, n’est pas même citée par le Conseil communal dans le rapport qu’il nous soumet aujourd’hui.

Un système qui avait été rapidement écarté à l’époque puisque la majorité, dont le groupe socialiste ne faisait pas partie, estimait que ce système trop personnalisé n’était pas adéquat et risquait de poser le problème de la cohérence entre la composition du parlement et de l’exécutif.

Ce débat sur la majoritaire, le parti socialiste a souhaité le reprendre sur la base d’une initiative lorsqu’il a constaté qu’au fil des élections les problèmes demeuraient et mettaient, j’ose le mot, la ville en danger.

Le défaut de la personnalisation de l’élection était, et est toujours à notre sens, un faux débat. Car soyons clairs, aujourd’hui l’électorat vote déjà comme si c’était une majoritaire, ce qui importe pour un exécutif c’est bien la capacité à mener cette ville et à assumer la tâche immensément difficile et exigeante qu’est celle du Conseil communal. 

Voyant, malgré cela, que ce système recueillait une large majorité d’avis défavorables parmi la classe politique (au contraire de la population qui a signé en masse le texte), sachant que le règlement général était en train d’être revu et, enfin, constatant surtout que le Grand Conseil se saisissait à nouveau du système des remplacements de vacances dans le cadre du mode proportionnel, le parti socialiste a laissé cette voie de côté.

Depuis lors, outre le fait que le Conseil communal nous présente un rapport révisant le règlement qui renonce à toute modification du mode électoral, que s’est-il passé ? Eh bien, le Grand Conseil a enfin révisé la loi sur les droits politiques (LDP) déliant les communes de l’obligation qui existait auparavant de calquer l’élection des exécutifs communaux à la proportionnelle sur le système de l’élection du parlement cantonal.

En clair : la révision de la LDP nous permet, aujourd’hui, de déclencher une élection en cas de vacance au Conseil communal. Exit donc l’accession automatique du vient ensuite, exit une grande partie du problème posé par le remplissage des listes induit par la proportionnelle : lorsqu’un membre de l’exécutif quitte son mandat, le peuple peut lui choisir un successeur. Il peut le faire en connaissance de cause et sur la base de circonstances qui auront peut-être changé depuis la dernière élection générale.

Chèr-e-s collègues, nous regrettons que, tirant les conséquences du passé récent de notre commune, le Conseil communal n’ait précisément pas saisi l’occasion offerte par la LDP révisée pour nous proposer ce changement qui concrètement change la donne. Les arguments évoqués dans le rapport pour ne pas retenir ce système ne nous convainquent pas : le départ, en cours de route, de plusieurs membres de l’exécutif qui serait propre à pervertir le système n’est que théorique… et les départs en cours de route seront surtout réduits aux départs nécessaires et non plus aux départs tactiques dont, soyons clairs, nous avons pratiquement tous profité ici, le groupe socialiste y compris…

Face à cela, le groupe socialiste présente donc aujourd’hui un amendement qui pallie ce manque et est propre, à notre sens, à corriger les failles du système électoral. Un système qui, contrairement à l’alternative qui nous est proposée par le POP et le PLR, une alliance assez inédite d’ailleurs, a pour avantage de ne pas remettre en cause la souveraineté du peuple en la matière.

Le rapport le dit, mais je pense utile de le rappeler : en 2003, c’est 76 % de l’électorat chaux-de-fonnier, 76 % !, qui a plébiscité le passage à l’élection du Conseil communal par le peuple.

Certes, 16 ans ont passé, et la Ville a vécu des heures tumultueuses. Mais quel signal voulez-vous exactement donner à la population en lui proposant de la priver de ce droit ? Que c’est de sa faute si nous avons connu tous ses problèmes ? Quelle n’est pas capable de faire le bon choix ? Et qu’en est-il alors de notre responsabilité, à nous les partis ? Effacée ? Oubliée ?

Chèr-e-s collègues, la capacité de la population à nous doter d’autorités compétentes n’a rien à voir avec la situation dans laquelle nous nous sommes trouvés durant les trois législatures précédentes.

Les problèmes rencontrés sont bien dus tant au système relatif à la vacance qu’à, et osons le dire, la responsabilité des formations politiques lors de la gestion tant de la composition des listes que lors du départ de l’un de leurs représentants.

En 2003, le groupe socialiste a lancé, aux côtés des Verts, l’initiative qui a doté le peuple du droit d’élire ses autorités exécutives à l’instar de toutes les grandes collectivités de ce pays, ce que nous prétendons être je vous le rappelle. Jamais nous n’avons regretté ce choix, même si nous avons pesté sur les travers d’un système imparfait.

C’est pourquoi, le groupe socialiste est parfaitement clair : il propose un amendement pour corriger les problèmes du système proportionnel, et s’opposera parallèlement et jusqu’au bout à ce que l’on retire au peuple le droit de choisir et donc à l’amendement POP-PLR. »

 

 

Mobilisons-nous !

Mobilisons-nous !

Dans deux mois, jour pour jour, les femmes* de ce pays sont appelées à se mobiliser pour faire entendre leurs voix… pour faire avancer leurs droits. La réalité en quelques chiffres.

50.4, 39.7, 53.7,18.3, 59, 32 et 15, 59, 75,100, 50, 38, 22’000… 14.06

Le présent billet est placé sous le signe des chiffres… les chiffres de la colère. Des chiffres qui exposés ainsi ne signifient rien, mais des chiffres d’une importance telle qu’il est important de les rappeler, de les expliquer, de les marteler auprès de toutes et tous ; et particulièrement auprès de ceux qui ne veulent pas les entendre.

Ainsi :

50.4 %, c’est la part des femmes par rapport à la population Suisse en 2018.
39,7 % de ces femmes, âgées de 25 à 64 ans, sont détentrices d’un diplôme en école supérieure ou haute école. Ce nombre passe même à 53.7 % pour les 25 à 34 ans !

Malgré cela, et sur le plan économique et politique :

18.3 %, c’est la différence salariale, tous secteurs confondus, entre les hommes et les femmes en 2016.
59 % des femmes travaillent à temps partiel, contre 17.6 % des hommes.
Au niveau politique, rappelons que seulement 32 % du Conseil national est féminin, alors que les femmes ne représentent que 15 % du Conseil des États.

Bien évidemment, ce ne sont ici que quelques extraits de la situation inique dans laquelle nous nous trouvons ; puisque nous pourrions citer la part des femmes dans les métiers les moins rémunérés, le partage des tâches, la situation face à la retraite, la précarisation de manière globale… sans parler du plus dramatique, les violences, et particulièrement celles commises au sein du cercle familial pour lesquelles les femmes sont encore très majoritairement victimes. Ainsi, faut-il vraiment rappeler que près de 75 % des victimes d’homicides et 100 % des victimes de viols perpétrés dans le cadre familial sont des femmes ?

Exposer cette réalité, cela ne semble pas faire les affaires de tout le monde. Alors, que font certains dans ces cas-là ? Ils relativisent et prennent un ton compatissant… des exemples ?

Il y a ceux qui nous disent que les instruments existent déjà. Que, précisément dans le domaine du travail, une loi sur l’égalité est en vigueur.

C’est vrai !
Le problème, c’est que cette loi, qui date de 1996, n’a pas produit les effets escomptés et ne fournit pas les instruments de contrôle qui permettraient une fois pour toute de contrer les inégalités salariales. La Suisse pointe même désormais au 29ème rang du classement de l’OCDE relatif aux écarts salariaux liés au genre !
Quand, en 2018, le Conseil fédéral a tenté, avec une légère révision, de donner un peu plus de vigueur à la loi, des parlementaires de droite, comme Philippe Bauer, ont vainement refusé l’entrée en matière, avant de vider la révision de son contenu et donc, de son efficacité. Les femmes* vous remercient Monsieur Bauer !

Il y a ceux, parfois les mêmes, qui nous disent que l’on peut régler les choses par les conventions collectives.

Oui, certaines conventions prévoient un mécanisme de contrôle ou des « espaces de dénonciation ». Cependant, penser que l’on va tout régler par ce biais c’est juste ignorer que :

  • 50 % de la population active n’est pas soumise à une CCT ;
  • toutes les CCT ne contiennent pas un mécanisme relatif à l’égalité ;
  • une partie des CCT ne contiennent pas de contrôle des salaires en cours d’emploi, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes !

Il y a ceux, parfois les mêmes, qui nous disent que nous n’avons pas besoin de faire la grève, que manifester serait suffisant.

Cela fait 38 ans que nous avons obtenu l’inscription de l’égalité dans la Constitution fédérale. Cela fait bien plus que cela que nos grand-mères, nos mères, nous-mêmes et maintenant nos filles, comme les hommes solidaires qui nous accompagnent, manifestent pour que les droits des femmes, dans leurs globalités, soient respectés.

La dernière manifestation d’ampleur en Suisse a eu lieu le 22 septembre dernier sur la Place fédérale. Nous étions 22’000. La loi sur l’égalité était précisément à l’ordre du jour des travaux parlementaires de la semaine suivante. Mais la majorité de droite des chambres est restée sourde à nos demandes. La manifestation était essentielle, mais elle n’a pas suffi.
Elle ne suffit plus et la patience, recommandée par quelques « compatissants », s’est étiolée au fil du désenchantement engendré par les promesses, non tenues, d’un progrès imminent.

Le dernier chiffre de ma liste, c’est le 14.06 – le 14 juin 2019,

  • date à laquelle toutes les femmes* de ce pays sont appelées à faire grève,
  • date à laquelle nous appelons tous les hommes solidaires à soutenir le mouvement,
  • date à laquelle nous souhaitons faire basculer le pays dans la conscience du devoir collectif à accomplir.

Le 14 juin, c’est dans exactement deux mois. Des collectifs s’affairent partout en Suisse avec la volonté de rendre ce jour, mémorable, et surtout pour que la grève soit suivie d’effets.

Mobilisons-nous ! Cela fait bien trop longtemps que nous attendons un changement qui ne vient pas.

 

Liens :

https://frauenstreik2019.ch

collectif neuchâtelois

 

La conférence de Ruth Dreifuss à La Chaux-de-Fonds : « La Lamal, un projet social torpillé »

Mercredi 3 avril, le parti socialiste des Montagnes neuchâteloises a accueilli notre ancienne Conseillère fédérale, et première présidente de la Confédération, Ruth Dreifuss.

Lors d’une conférence ouverte à toutes et tous, elle retracé, dans un récit captivant, l’histoire séculaire du système d’assurance maladie en Suisse et les péripéties qui ont conduit à la construction puis à l’ adoption de la LAMal fin 1994.

Elle nous a surtout rappelé les fondements qui ont conduit à mettre en place l’assurance obligatoire, une assurance qui devait s’élever sur un principe de solidarité et dont les primes ne devaient pas peser plus de 8 % du revenu des ménages.

La LAMal, selon ses propres termes, est un chantier qui a été bloqué. Aujourd’hui, ce sont les principes mêmes qui en font la légitimité qui sont attaqués de manière incessante.

C’était un honneur de pouvoir échanger avec notre illustre camarade, toujours engagée et qui dégage une force particulièrement motivante.

Un petit clin d’œil à la campagne avec cette photo prise entre les candidat-e-s présent-e-s et Ruth Dreifuss !

Merci camarade !

Alexandre Porret, Baptiste Hurni, Silvia Locatelli, Ruth Dreifuss, Oguzhan Can et Martine Docourt