Primes 2020 : ce que les annonces du jour ne doivent pas occulter !

Ce matin, l’OFSP a levé le voile sur les primes d’assurance-maladie 2020.

Au vu des montants articulés, l’automne pourrait sembler moins chaud que d’habitude pour la majeure partie du pays (excepté à Neuchâtel, au Tessin et en Argovie…).

L’apparente stabilité des primes serait-elle censée réfréner les ardeurs de celles et ceux qui militent pour un système d’assurance plus juste et plus transparent ?

Non, évidemment. Car même si c’est le message que les assureurs et « parlementaires assureurs » souhaiteraient voir véhiculé en cette année d’élections fédérales (tiens donc, le hasard fait bien les choses…) nous ne saurions être dupes, le problème reste entier.

Pourquoi ?

  1. Parce qu’en 20 ans les primes ont plus que doublé, alors que les salaires n’ont quasiment pas augmenté.
  2. Parce que les primes constituent aujourd’hui, avec le loyer, l’un des postes les plus élevés du budget des ménages.
  3. Parce que, en plus de subir la hausse des primes, les assuré-e-s sont soumis à une pression toujours plus forte par des soins non remboursés, par des franchises et des participations aux coûts en hausse.
  4. Parce que l’opacité sur le calcul des primes demeure et que plus personne ne contrôle notre système de santé, qui s’est transformé en machine à enrichir un cercle de privilégiés sur le dos de la classe moyenne.

Le système de l’assurance obligatoire des soins, tel qu’il est conçu aujourd’hui, est problématique. Il l’est de par son manque de transparence quant au calcul des primes ; il l’est quant au poids qu’il fait supporter à la population, particulièrement aux bas et moyens revenus.

Face à ce constat, quelles sont les propositions de la majorité de droite et de l’extrême-droite au parlement fédéral ?

  • Augmenter les franchises (et donc le poids sur les assuré-e-s).
  • Combattre toute mesure visant à accroître la transparence ou à limiter les salaires exorbitants que se servent les assureurs et les acteurs privés du système.
  • Affaiblir tous les outils de contrôle et de planification du système de santé par l’État, pour en confier les clés aux caisses-maladie.
  • Réduire le catalogue des prestations prises en charge.
  • Siéger… dans les conseils d’administration des caisses-maladie !

Ce ne sont pas des remèdes, mais des poisons destinés à faire mourir le malade ! Des preuves ? Il suffit de lire l’ensemble des propositions déposées par le bloc bourgeois depuis 4 ans… 

Cette pratique de l’opacité et du rendement charge la population et les cantons ; elle pousse à une santé à deux vitesses qui profite à celles et ceux qui ont le plus de moyens et, avant tout, aux caisses elles-mêmes et aux actionnaires privés du système de santé !

Face à cela que faire ? Le parlement qui sera élu en octobre aura trois responsabilités :

  1. Maintenir la santé accessible à toutes et tous en réduisant la charge sur les ménages.
  2. Soutenir les politiques de réduction des primes dans les cantons.
  3. Agir efficacement sur les coûts de la santé.

1. Maintenir la santé accessible à toutes et tous, réduire la charge sur les ménages :

L’initiative 10 % du Parti Socialiste prévoit ainsi de plafonner ce poids massif sur le revenu disponible au moyen de réductions des primes. Cette mesure est devenue urgente vu l’ampleur des primes d’assurance-maladie.

2. Permettre aux cantons d’avoir une politique efficace de soutien au paiement des primes :

Si l’on parle souvent de l’effet direct de l’initiative 10 % sur le budget des ménages, on évoque malheureusement moins l’autre mesure qu’elle comprend, et qui est tout aussi importante : la prise en charge des coûts liés à la réduction des primes à raison de deux tiers au moins par la Confédération !

Aujourd’hui, le subside fédéral est distribué par la Confédération uniquement sur une base démographique, sans prise en considération de la réalité sociale et économique de chacun des cantons.

Ce système grève particulièrement les cantons urbains, dans lesquels la proportion de personnes rencontrant des difficultés financières est bien plus importante.

Cela créé des écarts considérables entre les cantons qui, pour certains, se satisfont quasiment de la manne fédérale alors que d’autres, comme Neuchâtel, assument la majorité des coûts des subsides d’assurance-maladie !

Ancrer dans la loi une participation plus juste de la Confédération met celle-ci face à ses responsabilités. Elle permet en outre d’être clair face aux velléités de la droite et de l’extrême-droite de faire reposer l’entier du fardeau sur les cantons qui s’appauvrissent alors que la Confédération s’enrichit. L’actuel Président de la Confédération en a déjà émis le souhait !

3. Agir efficacement sur les coûts de la santé :

Contrairement à ce que prétend un certain parti aux idées orangées dans le cadre d’une campagne récente aussi mensongère que simpliste, le Parti socialiste n’a jamais prétendu que l’ensemble des problèmes de la politique de santé serait réglé par l’initiative 10 %.

Mais évidemment, pour agir sur les coûts, il faut de la volonté. Cela passe notamment par :

  • Permettre de comprendre et contrôler l’évolution des coûts.
  • Donner la possibilité à l’État d’agir directement sur l’organisation du système de santé, son adéquation aux besoins et l’évolution de ses coûts, par des instruments de pilotage et de contrôle qui sont clairement insuffisants aujourd’hui.
  • Agir directement sur les postes scandaleusement élevés comme par exemple les médicaments, ainsi qu’en plafonnant les salaires indécents que se servent de trop nombreux acteurs du système.
  • Favoriser l’investissement dans les postes de prévention et les structures de premier recours, permettant ainsi un tri plus efficace, tant dans le domaine médical que des soins dentaires.

Agir sur les coûts de la santé, cela demande plus de volonté et de courage que de décréter une coupe automatique des prestations comme le souhaiteraient la droite et le centre.

Couper les prestations, ce n’est pas réduire les besoins.Couper les prestations, c’est simplement instaurer une santé à deux vitesses.

Mon engagement, comme celui du Parti socialiste, est de combattre cette dérive. Si, vous aussi, vous désirez vous battre contre la hausse des primes, vous n’avez que deux choses à faire :

Ensemble, changeons de siècle : votons Parti Socialiste !

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